23/24/25/26/27 août 1937 – 15 mai 2022 – Munich / Innsbruck
23/24/25/26/27 août 1937 – 15 mai 2022 – Munich / Innsbruck

23/24/25/26/27 août 1937 – 15 mai 2022 – Munich / Innsbruck

Nous faisons une petite visite au consulat d’Autriche. Nous pourrons faire établir des triptyques à la frontière. La vie est belle ! …

La visite de la poste centrale est fructueuse. J’ai de nouvelles de Paris pour la première fois depuis Francfort. Cela fait quand même plaisir de savoir que tout le monde va bien.

Nous entrons dans un restaurant pour fêter nos quinze cents kilomètres qui sont dépassés depuis longtemps. Sur la place, un haut-parleur diffusé un discours d’Hitler…

La bière n’est pas au dessous de sa réputation. Nous demandons de la choucroute, mais nous venons trop tôt, on ne peut pas encore nous en servir. Je ne sais pas par quel mystère, à la fin du repas, on nous en apporte avec quelques pommes de terre …

Il pleut encore … A seize heure, nous profitons d’une éclaircie pour partir vers le sud.

Journée de galères, surmontées les unes après les autres.

Tout d’abord, le centre de Munich est bloqué par une course. Bien évidemment, la direction que je devais prendre traverse le parcours et elle se trouve donc condamnée.
Je suis, au pas, le flot des voitures et je trouve deux policiers en faction devant un barrage. Je leur demande quel chemin prendre, puisque rien n’est indiqué. L’un des policiers me répond que les barrages seront levés vers 12h30 (il est 10h). Devant mon insistance, il me suggère de pousser ma moto le long du trajet de la course. Devant mon air étonné, il convient qu’elle est lourde, et que bon … de toutes les façon, c’est quasiment de ma faute, car ils avaient déconseillés, dans la presse locale, de circuler en voiture.

  • Certes, luis réponds-je, mais je suis étranger, et ils auraient pu mettre des panneaux
  • pas la peine, puisque cette course n’a lieu qu’une fois par an
  • mais elle est programmée …

Les voitures devant moi se mettent à rouler, je suis donc et le GPS finis par trouver un chemin à travers la banlieue. Je mets 3/4h pour faire moins de 10 km…

A Ehenhausen, nous songeons à prendre nos dispositions pour le campement du soir. Il y a bien une A.J. catholique dans la pays, mais personne ne peut nous indiquer exactement où. Enfin quelqu’un parvient à nous situer à peu près l’endroit, et ajoute que c’est chez des moines.

Ma sandale de gauche s’est défaite. Je marche avec un pied chaussé et un pied nu. Cela va bien tant que nous restons sur la route, mais bientôt, nous nous engageons dans un sentier qui descend à travers bois, vers la vallée de l’Isa. Il fait Nour comme dans un four, et sale la lampe électrique de Pat nous permet de voir où nous marchons. Cette descente semble interminable. Je peux à peine avancer avec mon pied nu, sur le sol caillouteux d’où dépasser des pointes de rocher. A un moment, nous entendons le bourdonnement de grosses cloches. Nous marchons encore longtemps…

Enfin, nous apercevons une lumière. Nous pénétrons dans un jardinet. Le gravier d’une allée crisse sous nos pas … Une porte … Nous frappons … Bruit d’une marche traînante … La lumière nous éblouit …

Nous sommes à l’A.J. catholique de Kloster Schäftlarn. Je devrais dire à l’ex A.J. catholique, car le national-socialisme a supprimé toutes les auberges allemandes pour ne laisser subsister que les seules auberges nazes. L’Herbergvater met à notre disposition sa maison, ss ustensiles de cuisine et son feu. C’est tout ce que nous pouvons désirer. Il nous apporte du lait frais, nous met à notre aise.

Nous avons déballé nos provisions. Pat s’évertue à faire cuire du riz dans une casserole de la taille d’une marmite. Jacky et moi mettons le couvert : de vraies assiettes, de vrais verres.

On frappe … Une jeune fille entre accompagnée d’un jeune homme. Encore une fois, nous ressortons l’histoire de notre randonnée. Ils ont l’air profondément intéressés.

Ils partent …

On frappe à nouveau … Toute une bande de gamins fait irruption dans la pièce. Le « père » les envoie bien vite se coucher afin qu’ils ne nous assourdissent pas de leurs cris.

Peut-être allons-nous pouvoir finir de dîner en paix ? Non. On frappe encore … Ce sont nos deux jeunes gens de toute à l’heure. Ils viennent nous chercher pour passer la soirée chez eux où nous sommes impatiemment attendus par des amis. Le père aubergiste ne voit aucune objection à notre départ.

Nous nous retrouvons encore une fois dans la nuit, sur une route bourbeuse, avec deux compagnons que nous ne connaissons ni d’Eve ni d’Adam. Je fais deux doigts de cour à la petite pour passer le temps, jusqu’à ce que nous arrivions dans une grande maison bien chauffée, bien éclairée. Là, on nous présente à M. Et Mme. Peisker qui nous invitent à prendre place.

Nos deux guides s’éclipsent pour se déséquiper. Lorsqu’ils reviennent quelques instants plus tard, je m’aperçois que mon flirt doit avoir dans les seize ans lorsqu’il n’est pas engoncé dans un ciré qui lui monte aux oreilles. Je suis refroidi. Jacky et Pat ont un petit air narquois qui es gênant.

On nous apporte du thé, des gâteaux secs et même du cake. L’étudiant (c’est le jeune homme qui est venu nous chercher) s’installe au piano et joue quelques chansons. Nos hôtes nous conjurent d’en faire autant … Un malin démon me pousse à dire que Pat est un virtuose du piano. Jacky fait chorus. Notre victime se défend comme un beau diable, mais en vain. On la traîne, on la hisse sur le tabouret tournant. Pat, d’un air inspiré, joue « Au clair de la Lune ». C’est tout ce qu’il sait …

Maintenant, on nous réclame « La Marseillaise ». Hum … Pour nous mettre en train, on nous fait entendre le « Deutschland Über alles » suivi de quelques autres morceaux patriotiques. Allons-y pour « La Marseillaise ». Nous nous accordons plus ou moins et chantons à des cadences un peu différentes. Pour nous rattraper, nous entonnons la « Tour de Londres », « Son voile qui volait » et « Dans un amphithéâtre ». Dès qu’il s’agit de brailler, nus sommes à notre affaire.

Des chansons estudiantines allemandes nous répondent.

Lorsque nous rentrons à l’A.J. à deux heures du matin, l’Herbergsvater nous attend … Il nous conduit à la grange qui nous servira de chambre et nous désigne un tas de couvertures. Un chœur de voix mal assurée entonne « Frère Jacques » en français. Ce sont les gamins aperçus à notre arrivée qui nous souhaitent la bienvenue à leur façon…

24 août 1937 : Page 2

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