28/29/30 Août 1937 – 16 Mai 2022 – Innsbruck / Landeck
28/29/30 Août 1937 – 16 Mai 2022 – Innsbruck / Landeck

28/29/30 Août 1937 – 16 Mai 2022 – Innsbruck / Landeck

Un violent orage m’a réveillé cette nuit. Depuis, la pluie alterne avec les éclaircies et les grains. L’avantage, les traces d’insectes écrasés sur les manches de mon blouson sont parties.

Je monte donc au col du Brenner. De ce côté-ci, ce n’est qu’une route de montagne ordinaire, je pense qu’elle est exceptionnelle du côté italien.

Jacky est parti …Il s’est posté devant la douane ce matin de bonne heure, et a réussi à convaincre un industriel tchèque de le prendre avec lui jusque’à Innsbruck. Il emploiera le même moyen pour revenir. C’est plus rapide et moins fatiguant que de remonter à bicyclette pendant 39 kilomètres.

A onze heure, il n’est pas arrivé comme nous l’espérions. L’après-midi passe sans qu’il revienne … C’est inquiétant…

Aujourd’hui : du réseau et des batteries chargées, un texto et voilà.
Quand on relit ces notes de voyages, on s’aperçoit combien en 75 ans il est devenu facile de voyager en Europe. On court rarement après une banque 😉 ; les frontières sont anecdotiques, donc aucune caution à laisser. Quant aux moyens de communications, ils sont simples et performants.

Pour calmer notre impatience, nous allons faire un petit tour sur le lac dans une vieille barque pourrie qui prend l’eau. Nous avons les pieds au frais et l’appréhension de couler d’un moment à l’autre : toutes les joies à la fois. Nous parvenons malgré tout à revenir sans dommage.

Jacky n’est toujours pas là…

Nous laissons un mot bien en évidence , et partons faire des commissions en Italie. Nous achetons des fruits, du vin, des cartes postales …

La frontière au col du Brenner

La frontière est devenue un immense supermarché dont on peut voir l’un des parkings sur 5 niveaux.

Au retour, nous découvrons un vieux moulin à aubes, abandonné. La porte n’existe plus. Le sol de terre battue est encombré ee détritus variés et de boîtes de conserves vides. Un escalier auquel il manque la moitié des marches conduit à une sorte de plate-forme de deux mètres de largeur accrochée au mur. Le plancher en est un peu troué par endroits et il n’y a pas de garde-fou, mais il nous semble qu’avec un minimum de précautions, ce serait un endroit rêvé pour la nuit.

Jacky n’est pas de retour … Il n’arrive qu’au coucher du soleil, juste comme nous allions plier bagages. Il est vidé physiquement et moralement. Au consulat, pour modifier son passeport, il faut une autorisation écrite de son père. Par la voie la plus rapide, cela demande quatre jours, beaucoup plus que nous ne pouvons perdre. Jacky n’a pas pu arrêter d’automobile. Il a dû parcourir à pied les trente neuf kilomètres de retour. Il n’en peut plus.

Avant de partir, nous devons faire la chasse au gros gibier : deux vaches, mises en appétit par la magnifique teinte vert pomme de notre tente ont dévalé un sentier de chèvres et se mettent en devoir de brouter les ficelles. Devant nos mines menaçantes et nos gourdins non moins menaçants, elles comprennent vite leur erreur. Maintenant, elles se tiennent en équilibre à flanc de montagne et nous contemple paisiblement.

Nous sommes installés dans le vieux moulin à aubes. Pour y arriver, nous avons sauté quelques haies. Notre premier soin a été de boucher les trous qui perçaient le mur. Maintenant, nous pouvons faire du feu et allumer la lampe électrique sans crainte d’être dérangés.

Pour dormir, notre plancher suspendu, dur et inégal, ne vaut pas un tapis de mousse ou même la simple terre. Nous couchons sur la dure, c’est le moment ou jamais de le dire. Sans oser nous l’avouer, nous ne sommes pas très rassurés : il fait noir comme dans un four et au moindre mouvement, nous nous attendons à passer par dessus bord et à nous retrouver au milieu des cendres de notre foyer.

29 Août 1937 : Page 2 – Je ne veux pas spoiler, mais l’image de titre est ce qu’on appelle un Cliffhanger 🙂

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :