Voyage en Chine

J’ai eu une période chinoise, voilà bien longtemps : un premier voyage « classique » du sud au nord en 1986, puis un autre un peu plus aventureux le long de la Route de la Soie, de Pékin à Islamabad. Ma vie professionnelle m’a conduit à passer 3 ans dans une « base vie » proche de Shenzhen au début des années 90. La population venait de passer de 10 000 habitants environ (donc ignorée sur toutes les cartes de Chine), à 6-7 millions en l’espace de 10 ans.

Pour le récent passage d’une décennie, on m’a gentiment offert une cagnotte voyage. C’était l’occasion de redécouvrir ce pays. J’ai essayé d’éviter le voyage « nostalgie », et j’ai donc cherché à éviter les lieux que j’avais déjà visités, à l’exception de quelques un dont je sais qu’ils ont suffisamment évolués (Shanghaï, Canton) ou que les contraintes d’itinéraires me font retraverser ( mais, comment squeezer Xi’an, sous prétexte que j’y suis allé déjà 2 fois il y a presque 40 ans ?).

Faire « une liste de courses » ne consultant internet est simple (sites insolites, les X plus beaux sites, .., galeries de photos, de vidéos …). Transformer cette liste de courses en voyage est beaucoup plus difficile, surtout quand les points sont éparpillés sur toute la carte de Chine. Je devais donc passer par une agence de voyages. Et comme, je m’attendais à un entrer dans la gamme de prix [très très cher, encore plus cher] (cf Achille Talon), j’en ai consulté deux.

Et puisqu’il faut vivre avec son temps, j’en ai profité pour consulté 5 intelligences artificielles (chat GPT, google Gemini, perplexity, Claude, Mistral). Démarche amusante qui commence par leur poser une question naïve : quelles questions je dois vous poser pour construire un voyage ? et qui continue ensuite par l’élaboration du trajet, les critères de choix entre plusieurs voyages, les hébergements, les restaurants et le contenu de la valise.
Il en ressort 7 pages de tableaux croisés indigestes. Alors, soyons fous jusqu’au bout, et voilà comment j’ai demander à Claude.ai et google Gemini de me préparer un article de blog synthétisant ces données Voilà donc l’article de Chat GPT (en italique). J’y ajouterai mes commentaires et des illustrations.

Voyager en Chine avec l’aide de l’IA : entre itinéraires rêvés et réalités pratiques

Depuis longtemps, je prépare mes voyages en Chine en combinant lectures, cartes et discussions avec des agences spécialisées. Mais cette fois-ci, pour mon prochain périple d’octobre 2025, j’ai voulu tester une autre approche : utiliser l’intelligence artificielle pour bâtir un itinéraire complet.

Pourquoi ce choix ? Tout simplement parce que certains outils comme Perplexity.ai citent leurs sources, et m’ont déjà donné satisfaction. L’idée était de confronter les propositions des IA à celles d’agences de voyages, puis de voir ce qu’il restait à affiner moi-même.

Les bases de mon projet

Le cadre est clair : un voyage d’un mois en Chine, avec un passage obligé à Guangzhou (Canton) pour la Foire d’import-export, phase « robotique », qui se tiendra du 15 au 19 octobre 2025. L’itinéraire doit donc respecter deux contraintes majeures :

  • ne pas dépasser 30 jours,
  • me laisser le temps d’assister à la foire, tout en visitant des sites authentiques, photogéniques et hors des sentiers battus.

Autre contrainte : j’ai déjà beaucoup voyagé en Chine. Pékin, Guilin, Dali, Lijiang, Suzhou, Hangzhou, Dunhuang ou Kashgar sont donc exclus. Je cherche du nouveau.

Quand l’IA se met à tracer des routes

En entrant ces paramètres, j’ai obtenu via Claude.ai un itinéraire complet de 30 jours. Bien structuré, il enchaînait logiquement les étapes : Canton → Tulou du Fujian → Zhangjiajie → Fenghuang → Changsha → Kunming → Dongchuan → Shennongjia → Datong/Xuankong Si → Grottes de Longmen → Zhangye Danxia → Badan Jaran → Shanghai.

L’IA n’a pas manqué d’optimiser : ajout de Changsha comme étape intermédiaire, usage des trains rapides, départs souvent en fin d’après-midi pour maximiser les visites, et même un budget estimatif pour les transports. Sur le papier, tout semblait parfait.

Mais en comparant avec ma propre « liste de courses » élaborée grâce à des recherches plus classiques (banques d’images, blogs de voyage, forums), une évidence s’est imposée : l’œil humain reste indispensable pour sélectionner les sites qui me touchent vraiment. L’IA propose, mais c’est moi qui choisis.

Classer les sites : majeurs et mineurs

Pour m’y retrouver, j’ai demandé à l’IA de classer les étapes selon leur importance :

  • Les incontournables (2 à 3 jours) :
    • Zhangjiajie, ses forêts de piliers karstiques popularisées par le film Avatar.
    • Shanghai, vitrine moderne et culturelle de la Chine.
    • Canton, pour la foire et son rôle historique de port d’entrée du pays.
  • Les étapes secondaires (1 à 2 jours) :
    Les Tulou du Fujian, Fenghuang et sa vieille ville, Dongchuan et ses terres rouges, Shennongjia et sa biodiversité, les grottes bouddhiques de Longmen, le monastère suspendu de Datong, les montagnes colorées de Zhangye Danxia et le désert de Badan Jaran.

Ce classement m’a permis de mieux répartir mes journées et de savoir où gagner ou perdre du temps.

Commentaires
pour vous donner une idée, voici un exemple de trajets. En rouge : IA – En noir et vert : agences de voyage. En cliquant sur les liaisons vous avez des informations sur les trajets, en cliquant sur les balises, vous avez des informations sur les villes. J’ai finalement choisi le trajet en bleu.

Details
Voyage en Chine comparaison - IA- agences

Au-delà des sites : où dormir, quoi manger, que mettre dans la valise

Un voyage, ce n’est pas seulement des paysages. J’ai aussi interrogé les IA sur trois aspects très concrets : l’hébergement, la restauration et le contenu de la valise.

  • Hôtels : dans les grandes villes (Canton, Shanghai, Luoyang…), on me propose des établissements modernes et confortables, parfois emblématiques comme le White Swan à Guangzhou ou le Peace Hotel à Shanghai. À l’inverse, dans les régions rurales (Tulou, Shennongjia, Badan Jaran), il faut se tourner vers des auberges, guesthouses ou même des campements dans le désert. Plus simple, mais souvent plus authentique.
  • Restauration : chaque région a sa saveur. À Canton, impossible de rater les dim sum. Dans le Hunan, les plats pimentés réchauffent l’ambiance. À Luoyang, on découvre le fameux banquet de l’eau, tandis qu’à Shanghai, les xiaolongbao (petits raviolis farcis de bouillon) restent un classique. Le conseil de l’IA : varier entre restaurants traditionnels, marchés locaux et parfois un repas chez l’habitant.
  • Valise : voyager un mois en octobre impose de penser large. Vêtements légers pour les villes, mais aussi veste chaude pour les nuits en altitude ou dans le désert. Chaussures de marche, adaptateur électrique, powerbank, chapeau et lunettes de soleil complètent la liste. L’IA a su condenser tout cela en un bagage de 20 kg, avec l’astuce d’utiliser sacs de compression et lessives sur place.

Commentaires :
Certaines IA se trompent de voyage et me proposent des hôtels à Montreux (Suisse). D’autres ne doivent pas choisir la même catégorie de chambres, puisqu’une nuit au White Swan de Canton va de [120€,180€] la nuit à [150€;250€]. Et ceci est sans compter le fait que les prix, et la disponibilité, sont très altérés par la Foire de Canton.

IA ou intuition ?

Après plusieurs allers-retours entre IA et recherches personnelles, une conclusion s’impose :

  • l’IA est précieuse pour structurer, proposer des itinéraires logiques, estimer temps et coûts.
  • mais la sélection des lieux et des expériences reste une affaire d’instinct et de goûts personnels.

Finalement, j’ai décidé de retirer de ma liste le lac salé de Yunshen et la vallée de Yelang, trop éloignés pour trop peu d’intérêt, et de garder un circuit dense mais cohérent.

Conclusion

Ce travail m’a appris que l’IA n’est pas un guide miracle, mais un assistant intelligent. Elle gagne du temps, ouvre des perspectives, propose des classements, mais elle ne remplace pas l’émotion de choisir une destination en voyant une photo ou en lisant un récit.

Préparer ce voyage en Chine avec l’aide des IA m’a permis de mieux équilibrer rigueur et subjectivité. Et au fond, n’est-ce pas cela, le vrai luxe du voyage ?

Dans les versions gratuites que j’ai testées, les IA sont incapables de construire un voyage. Leur carence principale : les transports. Mon voyage a ainsi dû être repris 2 fois pour tenir compte de l’absence de vol les jours pairs entre telle ou telle destination, puis d’une nouvelle modification des horaires de ce même vols en fin du mois de septembre. L’IA n’a fait que tester l’existence de vols d’une façon générale.
En ce qui concerne l’hébergement et la restauration l’IA permet de filtrer les propositions proposées par des applications spécialisées.

Les différentes étapes

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