17/18/19/20 Août 1937 – 13 Mai 2022 – Klatovny – Regensburg
17/18/19/20 Août 1937 – 13 Mai 2022 – Klatovny – Regensburg

17/18/19/20 Août 1937 – 13 Mai 2022 – Klatovny – Regensburg

Scharzenfeld … Schwandorf … Avant d’arriver à cette dernière agglomération, nous doublons une interminable colonne de camions arrêtés le long de la route. Tous ces camions sont camouflés et bourrés de soldats aux uniformes verts. Des motocyclettes font la navette tout le long de la file. De temps en temps, des ordres gutturaux retentissent. Des hommes courent dans tous les sens. Malgré tout, la discipline transparaît : ceux qui n’ont pas à se déplacer ne bougent pas. Personne ne parle. Personne ne fume.

Maintenant nous dépassons des fantassins. L’entrée de la bourgade n’est pas loin. On a fait arrêter les soldats pour les faire repartir au pas cadencé. Un gradé bat la mesure et les hommes chantent pour bien montrer qu’ils sont contents.

Dans Schwandorf, les habitants massés de chaque côté de la route forment la haie. La foule encombre la chaussée. Des officiers la repousse violemment pour ouvrir le passage. Juchés sur nos bicyclettes rouillées, nous passons, sales, graisseux, barbus, bronzés autant par la crasse que par le soleil. Les spectateurs attendaient des soldats. Ils sont légitimement surpris. Des centaines de paires d’yeux sont braquées sur nous. Nous rions de cet accueil triomphal qui ne nous était pas destiné.

Et voilà comment trois campeurs français ont fait une entrée sensationnelle devant toute la population assemblée d’une bourgade allemande.

Notre déjeuner n’est ni plus varié ni plus plantureux que notre dîner d’hier. Les plats se résument en pommes de terre à l’eau et maïs cru.

Pat a trois rayons cassés à sa roue arrière. Nos bicyclettes n’étaient pas faites pour des porte-bagages aussi lourdement chargés. Il est décidé que Jacky partira devant à Regensburg (Ratisbonne) pour changer un chèque de voyage avant la fermeture des banques car, c’est demain samedi. Il reçoit un mark. Pendant ce temps, Pat et moi nous occuperons de la réparation du vélo. Nous avons rendez-vous à dix-huit heure, à l’entrée de la ville, sur le pont qui enjambe le Danube.

BurgLengenfeld … Nous entrons chez le marchand de bicyclettes. Nous possédons toujours dix-neuf pfennigs. Nous profitons de la réparation pour faire remettre au dérailleur les billes perdues à la frontière.

Le marchand est un brave homme. Nous faisons une fois de plus le récit de notre randonnée. La fille de la maison est une « « demoiselle ». Elle a appris l’anglais. Pour ne pas paraître avoir raconté des histoires, nous nous mettons à bafouiller dans la langue de Shakespeare. Ce n’est pas joli à entendre. Ce sont les mots allemands, eux qui ne viennent pas lorsqu’on les cherche, qui se présentent tout naturellement. L’honneur est sauf. Maintenant, il nous faut régler vingt-cinq pfennigs. Pat et moi nous regardons. Nous nous sommes compris. Nous entrons dans des explications embrouillées où il est question de « Reisencheck », de frontière, de change, d’argent, etc … et, pour finir, nous proposons nos dix-neuf pfennigs, une pièce de vingt-cinq centime luxembourgeois et une autre de un franc français. La partie adverse est très contente du marché, et nous aussi. Il ne nous reste plus la moindre pièce de monnaie allemande. Nous nous sommes même séparés de nos pièces toute neuves, si jolies avec leur croix gammée et que nous avions eu tant de mal à nous procurer.

Il nous reste vingt-huit kilomètres à parcourir jusqu’à Regensburg et il est dix-huit heures. Jacky nous attend déjà là-bas, à l’entrée d’un pont.

Ces vingt-huit kilomètre dont avalés en une heure deux, exactement. Nous nous sommes relayés pour mener le train à tour de rôle. Jacky n’est pas au rendez-vous. Il survient quelques minutes plus tard. Pour calmer sa soif et son impatience, il s’était réfugié dans une brasserie. Quand il est arrivé, la banque était déjà fermée. Nous sommes consternés. Va-t-il falloir attendre jusqu’à lundi pour avoir de l’argent ? Jacky nous rassure. Nous en aurons dès demain matin huit heures trente. Pour ce soir, nous n’avons pas le choix : nous allons coucher à l’A.J. Nous trouvons cette dernière après de pénibles recherches. Elle est sur la route de Passau, à près de trois kilomètres en dehors de la ville.

Nous trouvons de la place dans une baraque

©Geneanet sous la licence : CC-BY-NC-SA 2.0 Creative Commons

Je vais passer la nuit à Regensburg (Ratisbonne). Je viens à peine de garer ma moto devant l’hôtel, qu’un employé me recommande chaudement de la mettre au parking, car c’est le début de la fête de la bière, et on ne sait jamais … Je le rassure en lui disant que telle est mon intention dès que j’aurai vérifié qu’il y a bien une chambre de disponible.

Petite virée dans la vieille ville et les rives du Danube. La cathédrale est en pleine restauration et il y a des échafaudages et des filets partout, quant au reste, quelques vieilles bâtisses un peu éparpillées, bref, pour une ville classée au Patrimoine de l’Unesco, il y a mieux.

Informations

Distance parcourue

236 km

Durée totale

8 heures

Durée de roulage

4 heures 35 minutes

Moyenne

50 km/h

Vitesse maximale

133 km/h

Déjeuner

Restaurant : Pizzeria Scharzenfeld
Menu : Pizza au thEau
Prix : 9,90 €

Dîner

Restaurant : IBIS/NOVOTEL
Menu : filet dorade – tarte au citron – verre de blanc
Prix : 37,50€

Hôtel et Petit Déjeuner

Hôtel : IBIS
Confort :Standard
Prix : 117€ (chambre + pt déj – parking)

Activités

– catacombes Klatovny : 60 CKZ
– balade Regensburg
Total marche : 5,6km

Essence

SP
Quantité :
Prix : €

Divers

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