31 août/ 1/2/3 Septembre 1937 – 17 Mai 2022 – Landeck – Chur
31 août/ 1/2/3 Septembre 1937 – 17 Mai 2022 – Landeck – Chur

31 août/ 1/2/3 Septembre 1937 – 17 Mai 2022 – Landeck – Chur

Nous préférons ne pas nous attarder sur le lieu de nos exploits, dans un baraque dévalisée à côté d’un champ saccagé. Nous plions bagages et partons sous la pluie.

Nous nous arrêtons à Landeck pour changer les couronnes tchèques qui nous restent en francs suisses. Les quelques shillings que nous avons encore sont transformés en un savoureux chocolat avec tartines beurrées. Un véritable luxe.

©Geneanet sous la licence : CC-BY-NC-SA 2.0 Creative Commons

« Kultur Stadt » annonçaient-ils ; je m’attendais donc à un Office du Tourisme, des tas de vieilles maisons et autres églises. Nada ! En guise d’Office du Tourisme, des panneaux d’informations sur les circuits de randonnées ; aucune vieille maison visible en centre ville et l’unique monument historique est le château transformé en musée.
Mais avant d’y arriver, je fais face à quelque chose qui ne mettait encore jamais arrivé : le chemin piétonnier d’accès au château était en cours de défonçage à la pelleteuse et interdit d’accès. Pas d’Umleitung.
Je finis par trouver un chemin de contournement et arrive au château 3/4h avant la fermeture, ce qui me vaut un tarif réduit. Je n’ai pas le droit à l’audio-guide qui m’aurait permis de comprendre ce qui était exposé : histoires et moeurs du Tyrol, objets usuels. Ce que j’ai compris plus ou moins, c’est que les tyroliens locaux auraient battu un détachement de troupes napoléoniennes à Landeck.

La vue depuis la Tour est intéressante et montre combien la ville a évolué depuis le passage de mon père et de ses amis.

Vue de Landeck depuis le château

La route est encore coupée et je dois emprunter ce qui ressemble à ne piste cyclable le long de la rivière. Malheureusement, aucun endroit pour s’arrêter prendre un photo.

Prutz … Stuben … Depuis Zirl, nous montons toujours. La région est particulièrement sauvage : ce ne sont que montagnes escarpées, vallées resserrées, villages accrochés de ci de là, et, au milieu de tout cela, reliant le tout, l’Inn, torrentueuse, encaissée, écumante.

Martinsbrück … Nous sommes en Suisse. Le poste de douane est clair, spacieux, presque riant. Les douaniers, eux, ne sont pas riants.

Il fait beau, et depuis peu le paysage ressemble vraiment à un paysage alpestre : chalets en bois, vaches dans les prés fleuris.

Je n’ai malheureusement pas de photos à vous montrer de Martinsbrück : les photos ne sont pas nettes. Je ne peux pas me prononcer sur le poste de douane ou sur l’attitude du douanier, car là encore, la frontière n’est qu’une indication sur les panneaux.

Ils commencent par nous réclamer vingt-cinq francs de caution par bicyclettes et cinq francs pour l’éclairage. C’est une catastrophe. Ma carte du TCF me dispense de la première caution, mais non de la seconde. Nous faisons un rapide calcul. En versant soixante cinq francs plus les taxes accessoires, nous disposerons d’une douzaine de francs pour traverser la Suisse jusqu’à Constance. A trois, c’est peu, mais avec l’aide de Dieu et des champs de pommes de terre, nous espérons y arriver. Nous versons notre argent tout neuf, et, en échange, nous bicyclettes sont dotées d’un plomb qui nous alourdira un peu plus dans les cols.

Nous ne voulons pas quitter Martinbrück sans aller rendre visite à l’épicier du village. Il nous cède du riz, des pâtes, des fragments de pain de sucre, trois soupes Maggie, du sel et une miche de pain noir. Ainsi parés, nous poussons jusqu’au champ de pommes de terre le plus proche où une nouvelle halte nous procure le plat de résistance du dîner.

Nous nous installons au dessus de la route, dans un bois dont les arbres ont été taillé à seule fin de nous éviter de chercher de quoi faire du feu.

Pat, ainsi que c’est son rôle en général, part en expédition pour faire emplir la poche à eau. Quand il revient, le campement est installé. Il nous raconte qu’il a rencontré un douanier, lequel lui a demandé ses papiers, s’il avait de l’argent et des tas d’autres choses toutes aussi indiscrètes…

1er Septembre 1937 : Page 2

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